Étude de cas : Fabrication de pâtes alimentaires dans le Centre-Est

Comment une usine de pâtes alimentaires a amélioré de 28 % la performance économique de la valorisation de ses coproduits

Un site industriel spécialisé dans la fabrication de pâtes alimentaires génère chaque année environ 2 500 tonnes de coproduits et biodéchets organiques.

Depuis la réception et le nettoyage des céréales jusqu’au conditionnement des pâtes alimentaires, différentes matières organiques sont ainsi générées à chaque étape de production.

Poussières de céréales, coproduits humides, pâtes et semoules sèches déclassées ou encore produits alimentaires conditionnés non commercialisables : ces flux présentent des caractéristiques agronomiques, nutritionnelles et logistiques très différentes.

Ils ne peuvent donc pas être valorisés de la même manière.

La mission confiée à Greenr consistait à repenser l’architecture globale de valorisation du site, en recherchant pour chaque matière la filière et les débouchés permettant d’obtenir le meilleur équilibre entre :

  • la valeur de la matière ;
  • son éligibilité aux différentes filières ;
  • la disponibilité des débouchés ;
  • la distance à parcourir ;
  • le coût du transport ;
  • et l’organisation logistique nécessaire à son évacuation.

L’objectif n’était pas simplement de réduire les coûts de gestion des déchets.

Il s’agissait d’améliorer la performance économique globale de la valorisation des matières produites par l’usine.

Au terme de cette optimisation, le site a amélioré de 28 % la performance économique globale de la gestion de ses coproduits et biodéchets, sans remettre en cause les principales filières de valorisation déjà utilisées.

Un site industriel, plusieurs matières à valoriser

La fabrication de pâtes alimentaires commence principalement par la transformation du blé dur.

Contrairement au blé tendre, principalement transformé en farine pour la fabrication de pains, biscuits, pâtisseries ou viennoiseries, le blé dur est notamment utilisé pour produire de la semoule, qui constitue la matière première essentielle à la fabrication des pâtes alimentaires sèches.

Elle génère cependant différents coproduits dès les premières étapes du process.

À ceux-ci viennent ensuite s’ajouter les écarts issus de la fabrication et du conditionnement des pâtes.

Les poussières et coproduits issus du nettoyage des céréales

Avant leur transformation, les céréales font l’objet de différentes opérations de nettoyage.

Ces étapes génèrent régulièrement des poussières et fractions de céréales écartées du processus de fabrication.

Compte tenu de leur origine et de leurs propriétés nutritionnelles, certaines de ces matières peuvent présenter une valeur importante lorsqu’elles sont éligibles à l’alimentation animale.

L’enjeu consiste alors moins à trouver un moyen de s’en débarrasser qu’à identifier les utilisateurs capables de reconnaître et de valoriser cette valeur nutritionnelle.

Pour certains coproduits céréaliers du site, la valeur obtenue pour la matière peut ainsi être supérieure au coût nécessaire à son transport.

Le flux ne constitue alors plus un coût net pour l’usine : sa valorisation génère un revenu après prise en compte de la logistique.

Cette différence est essentielle dans l’analyse économique d’un coproduit.

Les coproduits humides

Au cours de la fabrication des pâtes, la semoule de blé est mélangée avec de l’eau.

Certains écarts de production génèrent ainsi des coproduits qualifiés d’humides, présentant néanmoins une teneur en matière sèche relativement élevée, autour de 70 %.

La qualité de leur valorisation dépend également de la façon dont ils sont collectés à l’intérieur de l’usine.

Ces matières sont récupérées directement au niveau des lignes de production dans des contenants dédiés avant d’être regroupées pour leur évacuation.

L’un des enjeux identifiés sur le site concernait la présence potentielle d’indésirables dans les contenants, notamment des éléments plastiques.

Greenr a ainsi participé à la réflexion autour de l’organisation du stockage et de la collecte afin de sécuriser davantage la qualité du coproduit avant son départ du site.

Cette étape est déterminante : une matière présentant de bonnes caractéristiques de valorisation peut perdre une partie ou la totalité de sa valeur si elle est contaminée par des indésirables.

Les coproduits secs

Le site génère également des produits beaucoup plus proches du produit fini. Il peut notamment s’agir :

  • de pâtes cassées ;
  • de produits ne répondant pas au cahier des charges ;
  • de semoules dont la granulométrie n’est pas conforme ;
  • ou d’autres écarts issus du processus de fabrication.

Ces matières présentent une teneur en matière sèche supérieure à 85 %.

Cette concentration importante leur confère des caractéristiques très différentes des flux plus humides et peut renforcer leur intérêt pour certaines filières de valorisation.

L’usine a organisé leur récupération directement dans les ateliers avant de regrouper les matières et de les conditionner pour leur évacuation.

Cette organisation permet de constituer des volumes plus importants et homogènes avant transport.

Les produits alimentaires conditionnés non commercialisables

Comme la majorité des industries agroalimentaires commercialisant des produits emballés, l’usine doit également gérer des produits finis qui ne peuvent plus être mis sur le marché.

Plusieurs causes peuvent conduire à leur déclassement :

  • problème de recette ;
  • erreur d’étiquetage ;
  • défaut de couleur ou d’aspect ;
  • non-conformité au cahier des charges ;
  • suspicion de présence d’un indésirable.

La particularité de ces produits est que la matière alimentaire reste enfermée dans son emballage.

Une étape de déconditionnement est donc nécessaire afin de séparer la fraction organique de l’emballage.

La matière alimentaire peut ensuite être dirigée vers la filière de valorisation compatible avec ses caractéristiques, tandis que les emballages suivent leur propre circuit de traitement.

Première étape : caractériser chaque matière avant de rechercher un débouché

L’une des principales erreurs dans la gestion des coproduits d’un site agroalimentaire consiste à considérer l’ensemble des matières comme un flux homogène.

Dans cette usine de pâtes alimentaires, les propriétés des matières produites sont au contraire très différentes.

Greenr a donc étudié chaque flux indépendamment en prenant notamment en compte :

  • son origine dans le processus industriel ;
  • sa teneur en matière sèche ;
  • ses caractéristiques agronomiques ou nutritionnelles ;
  • son conditionnement ;
  • son volume ;
  • son éligibilité réglementaire et technique aux différentes filières ;
  • et les contraintes opérationnelles liées à sa collecte.

Cette première qualification permet de déterminer quelles filières peuvent réellement créer le plus de valeur pour chaque matière.

Deuxième étape : conserver les bonnes filières mais rechercher de meilleurs débouchés

L’analyse n’a pas conduit à bouleverser les filières historiquement utilisées par le site.

Les matières éligibles ont continué à être orientées vers l’alimentation animale.

Les matières ne pouvant pas intégrer cette filière ont notamment continué à être valorisées en méthanisation.

L’optimisation s’est donc faite à l’intérieur même de ces filières.

Greenr a recherché et qualifié différents utilisateurs susceptibles de recevoir chacune des matières afin de comparer les solutions réellement disponibles pour le site.

Pour chaque débouché, l’analyse ne s’est pas limitée au prix proposé pour le coproduit.

Elle a intégré l’ensemble de l’équation économique.

La valeur d'un coproduit ne se résume pas à son prix de reprise

Un débouché peut proposer un prix de reprise élevé tout en étant économiquement moins intéressant s’il se trouve trop loin du site industriel.

À l’inverse, le débouché géographiquement le plus proche n’est pas systématiquement le plus performant si les conditions de valorisation de la matière y sont moins favorables.

Pour chaque solution, Greenr a donc recherché le meilleur couple entre valeur de la matière et coût logistique.

Le raisonnement consiste à déterminer la valeur économique réellement obtenue par l’usine après prise en compte de l’ensemble des éléments nécessaires à sa valorisation :

Valeur de la matière – transport – éventuels coûts de traitement = valeur nette pour le producteur.

Cette approche permet de comparer des situations qui peuvent être très différentes selon les flux.

Pour certaines matières, l’objectif consiste principalement à réduire leur coût net de gestion.

Pour d’autres, comme certains coproduits céréaliers présentant un intérêt nutritionnel, la matière possède suffisamment de valeur pour que le revenu obtenu soit supérieur à son coût de transport.

Dans ce cas, l’objectif devient de maximiser le revenu net généré pour l’usine.

Troisième étape : rapprocher les matières de leurs utilisateurs

Le transport représente une composante déterminante de l’économie des coproduits.

Greenr a donc recherché des solutions de valorisation plus proches du site lorsque celles-ci permettaient d’améliorer l’équilibre économique global.

Réduire les distances présente un double intérêt :

diminuer le coût logistique et réduire le nombre de kilomètres nécessaires à la valorisation des matières.

Mais la distance ne constitue qu’une partie de l’équation.

Un second levier d’optimisation concernait directement la manière dont les matières quittaient l’usine.

Quatrième étape : augmenter la quantité de matière transportée à chaque rotation

Historiquement, certains coproduits étaient évacués dans des contenants relativement petits.

Une partie des matières pouvait notamment être collectée dans des bacs roulants de 660 litres, puis chargée dans des véhicules pour être acheminée jusqu’aux débouchés.

D’autres flux étaient évacués dans des bennes dont la capacité n’était pas nécessairement optimisée par rapport aux caractéristiques des matières.

Cette organisation était particulièrement pénalisante pour les coproduits présentant une faible densité, comme certaines pâtes écartées du processus de fabrication.

Greenr a donc travaillé sur la transformation du schéma logistique afin de privilégier des bennes ampliroll de capacité supérieure, mieux adaptées aux volumes produits.

L’objectif était simple : augmenter le poids de matière évacué à chaque rotation.

Lorsque le coût d’un transport est essentiellement lié au déplacement du véhicule, augmenter le nombre de tonnes transportées permet de répartir ce coût sur davantage de matière.

Le coût logistique ramené à la tonne diminue alors mécaniquement.

Deux leviers logistiques complémentaires

L’amélioration de la logistique a ainsi reposé sur deux leviers complémentaires :

transporter moins loin et transporter davantage de matière à chaque voyage.

Une matière relativement peu dense transportée dans de petits contenants peut en effet générer un coût logistique élevé, même lorsque le débouché est pertinent.

Inversement, le regroupement du flux dans un contenant mieux dimensionné permet de diminuer le nombre de rotations nécessaires pour évacuer un même tonnage annuel.

Le choix du débouché et le choix du mode de transport doivent donc être étudiés simultanément.

Une amélioration de 28 % de la performance économique globale

Au terme de l’analyse, Greenr n’a pas cherché à imposer une nouvelle filière de valorisation à l’usine.

Les matières pertinentes pour l’alimentation animale ont continué à être valorisées dans cette filière.

Les autres matières ont notamment continué à être orientées vers la méthanisation lorsqu’elle constituait la solution adaptée.

En revanche, l’architecture de valorisation a été optimisée autour de ces filières.

Chaque matière a été orientée vers les débouchés offrant le meilleur équilibre entre :

  • compatibilité avec le coproduit ;
  • valeur économique de la matière ;
  • capacité du débouché ;
  • distance ;
  • coût de transport ;
  • et optimisation du conditionnement logistique.

Sur un volume global d’environ 2 500 tonnes par an, cette nouvelle organisation a permis d’améliorer de 28 % la performance économique globale de la valorisation des coproduits et biodéchets de l’usine.

Cette amélioration ne correspond donc pas uniquement à une baisse des dépenses.

Elle résulte de deux mécanismes.

Sur certains flux, Greenr a permis de réduire le coût nécessaire à leur valorisation.

Sur d’autres matières présentant davantage de valeur, l’optimisation a permis d’augmenter le revenu net obtenu par l’usine.

Un coproduit n'est pas nécessairement un coût

Cette étude illustre une réalité importante pour les industries agroalimentaires.

La performance d’une filière de valorisation ne se mesure pas uniquement au prix payé pour évacuer une matière.

Selon ses caractéristiques, un flux peut représenter :

un coût à minimiser, une matière dont la gestion peut tendre vers l’équilibre, ou un coproduit susceptible de générer un véritable revenu pour le site industriel.

L’objectif n’est donc pas systématiquement de changer de filière.

Il consiste à construire la meilleure architecture économique possible autour de chaque matière.

Pour cette usine de pâtes alimentaires, l’amélioration de la performance est venue de la combinaison de plusieurs leviers : meilleure caractérisation des flux, orientation vers les filières adaptées, qualification de nouveaux débouchés, réduction des distances et optimisation des moyens de stockage et de transport.

Valoriser chaque matière selon son véritable potentiel

Deux matières issues de la même usine peuvent nécessiter des stratégies complètement différentes.

C’est pourquoi Greenr accompagne les industriels en raisonnant matière par matière et filière par filière, plutôt qu’en considérant les coproduits et biodéchets comme une seule catégorie homogène.

La démarche consiste à :

  • caractériser les différentes matières produites ;
  • déterminer les filières compatibles ;
  • identifier et qualifier les débouchés disponibles ;
  • comparer leur économie réelle ;
  • optimiser le stockage et la logistique ;
  • et sélectionner l’architecture qui maximise la valeur nette obtenue par l’industriel.

L’enjeu n’est pas simplement de trouver une destination aux matières organiques.

Il est de leur donner la destination qui crée le plus de valeur pour le site industriel.

Vous produisez des pâtes, des farines, des biscuits ou des produits de boulangerie-pâtisserie ?

Greenr accompagne les industriels dans la gestion et l’optimisation de leurs coproduits et biodéchets organiques.

De la caractérisation des matières à la recherche des débouchés, en passant par l’optimisation du stockage et du transport, Greenr construit une architecture de valorisation adaptée aux contraintes de chaque site.

Nos experts sont à votre disposition pour échanger sur le recyclage et la valorisation de vos matières organiques.

L’objectif : maximiser la valeur de chaque matière, réduire les coûts lorsqu’ils sont inévitables et améliorer durablement la performance économique globale de leur valorisation.


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